Nous sommes à Casa La Gloria depuis deux semaines déjà! En arrivant, nous avons été accueillis par Yolanda, la propriétaire, Maria, la femme de chambre et sa mère, Marcelina, la cuisinière. Yolanda est une petite femme chaleureuse et très pétillante. Elle est venue le deuxième jour et nous sommes allées ensemble acheter un cellulaire. Puis je l’ai attendue sur un banc du parc en lisant le journal Atencion (une mine d’or de renseignements pour les touristes), tandis qu’elle allait faire faire des clés. Elle est revenue avec deux amis qu’elle m’a présentés. Yolanda voulait nous offrir du café. Nous nous sommes donc rendues à La Ventana, un genre de Brûlerie St-Denis où l’on vend du café du Chiapas.Ça n’a pris que quelques jours pour nous installer, nous approvisionner et nous acclimater à notre vie à cinq. Il faut dire que la maison est très spacieuse et permet à chacun de respirer à son aise. Cette maison de 250 ans est superbe! Les murs de ciment jaune pâle (près d’un pied de largeur), les plafonds de 15 pieds de haut avec ses coupoles ornés de vitraux, les solives de bois foncé, les planchers en terra cota, les portes et les boiseries blanches, les meubles de bois sculpté, les immenses tableaux sur les murs, tout lui donne une apparence de charme et d’élégance.
Description de Casa La Gloria
La porte d’entrée donne sur un grand lobby au bout duquel se trouvent deux immenses portes vitrées garnies de fer forgé qui donnent sur le patio et le jardin. C’est là que nous mangeons le midi. Le salon est à gauche en entrant, puis vient la salle à manger où huit personnes peuvent prendre place à la grande table. Cette pièce donne sur la cuisine, pas très grande mais avec un petit îlot au centre pour préparer les repas et une porte à droite qui ouvre sur le jardin. Au bout de la cuisine, on a accès à deux chambres communicantes. Ce sont les chambres de Monique et Francine.Dans le jardin, un trottoir en pavés longe la maison et la salle de lavage, et mène à une annexe sur la droite où se trouve la troisième chambre, celle de Marie et Denis. La mienne est au 2e, au-dessus de la leur et possède un grand patio entouré d’arbres et de fleurs, avec vue sur La Parroquia. Un spectacle impressionnant le soir! La maison possède aussi une grande terrasse sur le toit avec chaises longues et ensemble patio. De là, également, on peut voir La Parroquia et trois autres églises se pointer au loin.
En arrivant, nous avons pris nos trois premiers repas au restaurant, puis nous avons fait nos provisions au Mega Comercial, un super-marché où l’on trouve de tout. Ce fut toute une commande! Avez-vous déjà essayé de faire le marché à cinq? C’est du sport!
Le temps passe très vite, surtout qu’il faut voir à l'organisation de la maison : problème de téléphone à régler (j'attends des nouvelles de la proprio... ici il faut être patient), voir à acheter de l'eau (on passe deux fois par semaine), le super-marché, le marché de fruits et légumes, le boucher, l'achat du vin, du café, du pain à une bonne boulangerie, etc. Pour ce qui est des déchets (basura), quelqu'un passe dans la rue tous les matins à 9h en frappant sur un triangle en métal pour avertir les gens. Tout le monde sort de sa maison (nous, souvent en robe de chambre) avec sacs et poubelles et doit marcher jusqu'au camion en haut de la rue.
Nous trouvions la maison froide le matin car c'est humide mais le temps commence à se réchauffer. Nous avons trois chaufferettes mais on ne peut en faire fonctionner que deux à la fois à cause du voltage. Le matin, il fait 9-10 Celsius et en après-midi 20-22. Cette semaine on annonce 26-28. Il y a aussi deux foyers, un dans ma chambre et un au salon.
J'ai eu de la difficulté à trouver du bois pour les deux foyers. Enfin, j’en ai commandé d’un villageois rencontré samedi dernier sur notre rue avec des ânes. Lundi à l'heure promise, nous avions 4 ânes et 4 chiens devant la porte. C'était plutôt pittoresque à voir. Les gens étaient partis de leur village à 3h30 du matin pour être au rendez-vous à 10h. Le villageois, sa femme Graciela et leur fils étaient bien contents, de boire un café chaud. Quant aux chiens, Francine et Marie s’en sont occupés : Francine leur a donné des biscuits Ritz qu’ils ont dévorés et Marie leur a donné de l’eau et leur a fait des tartines de beurre d’arachides. Contrairement au prix qu’il m’avait fixé pour la charge d’un âne (200$ pesos), le villageois m’en demandait maintenant 250$. Il a finalement accepté les 200$ pesos (18$CAD). Une ombre au tableau… est-ce que j’ai contribué au déboisement de la montagne? Aujourd’hui, jeudi, notre bon villageois et sa femme étaient à nouveau à notre porte à la même heure avec ses ânes bien chargés.
Il nous manquait du petit bois pour allumer le feu. J'en ai trouvé dans un entrepôt de bois pas très loin de la maison. Pour 50$ pesos (4,50$CAD), j'en ai eu une poche, livraison incluse… l'homme m'a suivie jusqu'à la maison avec la poche sur son épaule. Nous avons donc pu faire notre premier feu de foyer mardi et ce matin, j'ai fait mon premier feu de foyer dans ma chambre.
Les journées passent très vite. Maria et Marcelina viennent trois fois/semaine (lun-mer-ven). La mère et la fille travaillent ensemble. Marcelina fait le menu, va au marché et prépare la nourriture. Sa fille l’aide, puis dresse la table et sert le repas. Ce n’est pas de la cuisine gastronomique mais c’est bon et ça nous permet de goûter à la cuisine mexicaine. À l'occasion, nous pouvons apprendre la préparation de certains plats.
Au menu, au cours des dernières semaines, Marcelina nous a préparé, entre autres, des quesadillas y huevos (œufs) a la mexicana, des soupes aux nouilles et légumes, des feuilles de nopal (cactus) frites, de l’arroz (riz) et maïs, du pollo (poulet) y mole verde (sauce aux tomates vertes et légumes), du rez (bœuf) dans une sauce tomates-oignons. Elle peut aussi apprêter nos restes. En dehors de ces trois jours de congé culinaire, nous nous relayons à la cuisine. Ce ne sont pas les chefs ni les idées qui manquent. Je ne peux sûrement pas me plaindre du manque de participation.
NOS DÉCOUVERTES ou COMMENT ON PASSE LE TEMPS À SAN MIGUEL
Dès le lendemain de notre arrivée, nous avons pris le petit tram pour faire un premier tour de ville. En soirée, nous sommes allés à La Fabrica Aurora, ce grand centre de design et d’arts, où il y avait plusieurs vernissages. Par la suite, chacun s’est mis à découvrir San Miguel à sa façon, en faisant des circuits de marche, en allant à la recherche de piscines – nous en avons trouvé une à quelques pas de la maison -, en visitant une maison à vendre de quatre chambres sur notre rue, La Casa Lupita, qui se loue 30 000$ pesos (2 675$CAD) par semaine!
Nous avons aussi découvert une école de danse à deux coins de rues d’ici où l’on enseigne le Zumba Fitness, une combinaison d’exercices et de pas de danse au son d’une musique entraînante. Les cours se donnent tous les matins à 9h. J’y suis allée deux fois, mais Francine et Marie en sont devenues des adeptes.
Depuis deux semaines, Francine et moi allons jouer au bridge à l’Hotel Real de Minas. J’ai ainsi rencontré une dame d’Hatley, une amie d’une amie montréalaise et un couple de Québécois de Brossard.
Marie, Denis et Monique ont assisté à un concert de violon à l’église St. Paul, tandis que Francine et moi sommes allées entendre le pianiste mexicain Antonio Cabrero au Teatro Santa Ana à la Biblioteca.
Samedi dernier, nous sommes allés passer la journée à Dolores Hidalgo, un pueblo d’environ 30 000 habitants à 30 minutes d’ici réputé pour ses tuiles talavera et sa poterie.
Dimanche matin, Monique et moi sommes allées avec un groupe de la Audubon Society observer des oiseaux près d’Atotolnico. Comme nous nous y sommes rendus par co-voiturage, ça nous a permis de rencontrer quelques personnes. C’était fête au Jardin en l’honneur de San Antonio. Des danseurs à plumes et d’autres costumés s’en sont donnés à cœur joie sur la place à notre plus grand plaisir.
Mardi, je suis allée seule au restaurant Los Milagros où étaient réunis les San Miguel de Allende Democrats Abroad pour la cérémonie d'investiture d'Obama. C'était assez touchant à voir. Les applaudissements étaient nombreux. Certains pleuraient et d'autres se sont embrassés à l'arrivée d'Obama. Quand on a présenté Bush, ils n'ont pas applaudi, puis ils ont fait des gestes de la main pour lui signifier de partir au plus vite. En après-midi, je me suis rendue à la Biblioteca pour assister à deux conférences littéraires sur vidéos.
Hier, c’était le 240e anniversaire du Général Ignacio Allende, un des enfants chéris de San Miguel. Évidemment, toute la ville était en fête. La journée a débuté avec un défilé militaire : soldats, tanks, jeeps, pompiers, police, chevaux, chiens, sécurité civile, étudiants, confettis... J'ai manqué l'activité de l'après-midi : dévoilement de la plaque reconnaissant la ville au sein du Patrimoine de l'humanité de l'Unesco. Et en soirée, un superbe concert sur le parvis de l'église avec l'Orchestre philarmonique de Queretaro suivi de feux d'artifices qui venaient des quatre coins de la Plaza. Un très beau spectacle même s'il faisait un peu froid.
Je vous laisse, c’est l’heure de l’apéro : une bonne margarita préparée par Monique.
Hasta luego
PS Des photos seront disponibles sous peu.
